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HPC

La RTX 5090 en calcul scientifique : Au-delà du Gaming

8 min de lecture
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Nvidia Blackwell et la RTX 5090 : une nouvelle génération de GPU

La Nvidia GeForce RTX 5090 représente l’aboutissement de l’architecture Blackwell dans le segment grand public, avec une configuration matérielle sans équivalent chez Nvidia depuis plusieurs années. Présentée au CES 2025 comme le nouveau fer de lance des GPU gaming et créatifs, elle se positionne aussi comme une candidate sérieuse pour certains workloads de calcul scientifique, grâce à des caractéristiques techniques exceptionnelles pour une carte « non-professionnelle ». :contentReference[oaicite:0]{index=0}

Spécifications techniques : GPU et mémoire

La RTX 5090 est basée sur un GPU Blackwell désigné GB202, doté de :

  • 21 760 cœurs CUDA — une densité massive pour des opérations parallèles intensives,
  • Cœurs Tensor de 5ᵉ génération et cœurs RT de 4ᵉ génération,
  • 32 Go de mémoire GDDR7 sur bus 512-bits avec une bande passante théorique atteignant jusqu’à ~1,8 To/s,
  • Fréquence Boost autour de 2,4 GHz et un TDP élevé proche de 575 W.

Ces caractéristiques sont celles qui permettent à la carte d’afficher une puissance de calcul FP32 de l’ordre de ~104 TFLOPS, ce qui la place nettement au-dessus de la génération précédente (RTX 4090) en calcul brut dans ce mode. :contentReference[oaicite:1]{index=1}

Performances pratiques et limites pour HPC

Si la RTX 5090 fait sensation en gaming avec des augmentations de performance visibles jusqu’à +30-40 % dans des benchmarks synthétiques ou jeux hautement parallèles, son efficacité en calcul scientifique dépend fortement du type de workload. :contentReference[oaicite:2]{index=2}

Contrairement aux GPU professionnels tels que Nvidia H100 (optimisés pour le calcul FP64 et l’IA), la 5090 souffre de certaines limitations : la puissance de calcul en double précision (FP64) est relativement faible (~1,6 TFLOPS), ce qui signifie qu’elle n’est pas à la hauteur des GPU datacenter pour des simulations purement scientifiques exigeantes. :contentReference[oaicite:3]{index=3}

Cependant, pour des charges mixtes (calcul + rendu, visualisation scientifique, accélération de certaines étapes de pipeline), la 5090 est capable de livrer des performances très compétitives grâce à :

  • une bande passante mémoire exceptionnelle qui minimise les goulots d’étranglement,
  • des Tensor Cores qui peuvent être exploités pour des algorithmes hybrides ou IA-assistés,
  • un large espace mémoire (32 Go) utile pour charger de grands jeux de données en mémoire locale.

GPU grand public vs GPU professionnel : le duel

En comparant une 5090 avec une RTX Pro (par exemple la RTX PRO 6000 Blackwell), on voit que les GPU professionnels n’ont pas simplement plus de mémoire, mais aussi des fonctionnalités cruciales pour le calcul scientifique : ECC mémoire, pilotes optimisés, support logiciel certifié, etc. :contentReference[oaicite:4]{index=4}

Par exemple, une RTX Pro 6000 offre jusqu’à 96 Go de GDDR7 avec ECC, et une configuration interne qui maximise la fiabilité des calculs en production. Pour des workflows purement HPC ou IA industrielle, cela reste un avantage significatif.

Utilisation réelle en calcul scientifique

Sur des charges de type Python + CUDA / PyTorch / TensorFlow, la RTX 5090 est capable de :

  • effectuer des entraînements de modèles de taille moyenne à grande,
  • accélérer des simulations hybrides intégrant des UDFs CUDA ou des solveurs personnalisés,
  • réduire significativement les temps d’itération de prototypage comparé à un GPU plus ancien.

Toutefois, en calcul purement HPC (e.g., CFD haute fidélité, éléments finis sur grilles très fines), la faible performance FP64 reste un frein. La solution actuelle en HPC consiste souvent à combiner des algorithmes mixed-precision ou à utiliser des schémas mathématiques qui exploitent la puissance Tensor Core tout en maintenant la précision requise par des approximations contrôlées.

Conclusion : où se situe la 5090 ?

La RTX 5090 n’est pas une carte HPC classique. Elle n’a pas été conçue pour remplacer les GPU professionnels en centre de calcul. Cependant, pour un étudiant, un chercheur indépendant ou un développeur prototypant des méthodes hybrides, elle offre un **rapport performance/prix jamais vu** dans le domaine des GPU grand public.

Elle permet d’exécuter des workloads avancés, d’accélérer des pipelines IA-scientifiques, et d’explorer des techniques mixtes sans l’investissement matériel que requièrent des solutions datacenter.